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Sur le contrôle


Bien que centrale aujourd’hui, la question du contrôle dans Reflet n’a été abordé qu’après plusieurs expérimentations publiques. En effet, désirant proposer avant tout un espace de liberté le plus neutre possible, notre recherche se concentrait quasiment exclusivement sur les moyens de rendre l’œuvre la plus accessible au public possible et de concevoir une représentation visuelle et sonore qui mettrait en valeur équitablement chacune des contributions. A mesure que nous avancions dans le développement nous devions faire des choix dont la portée était décisive sur la relation des visiteurs à l’œuvre et donc mettait à mal notre objectif de neutralité.

C’est sur cette observation que nous avons décidé que chaque problématique mettant en cause la neutralité de Reflet devienne une question posée aux gestionnaires sous la forme d’une option dans le panneau d’administration. Une question essentielle à aborder que nous avons souhaité traiter en permettant au public de l’éprouver par son propre usage en lui permettant de faire sa propre expérimentation. Censurer, modérer, surveiller ou encore limiter le nombre de caractères ou la durée des contributions, être transparent dans sa gestion ou complètement opaque, choisir tel ou tel dispositif ; la question de l’organisation, de la gestion, de l’administration, est ici fondamentale : chacune des options signifiant un pouvoir de détermination, d’influence et donc de contrôle.

Bien évidemment, là ou il y a un contrôle possible il y a également une liberté à conquérir ou à imaginer ; nous avons également voulu rendre possible l’expérimentation de nouvelles formes d’exercice de nos libertés par internet. Les gestionnaires peuvent donc proposer à leurs visiteurs une gestion collective de leur Reflet. La dimension d’expérimentation est très importante dans ce projet tant pour nous que pour le public ou les structures qui l’accueille. Une des qualités d’internet est de rendre possible aux citoyens de prendre part à la gestion de la cité. Il est primordial d’explorer l’impact des restrictions et des libertés que ce média permet de développer. Reflet tente d’élaborer une esthétique de l’interconnexion et la distribution des rôles : pour que l’expression en vaille la peine, il faut qu’il y ait du lien et des enjeux (avoir parti prenante). Au regard de cela, Reflet parle aussi du web « open-space », règne de l’auto-... : auto-contrôle, pression et contrôle par les pairs, mise en conformité aux réseaux, visibilité incessante, auto-discipline, promiscuité, auto-censure, saturation émotionnelle et cognitive, technophilie, ...